Mesdames et messieurs les membres des États généraux,
En ce 15 septembre, proclamé par les Nations unies Journée internationale de la démocratie, l’ouverture de l’année parlementaire se charge d’une signification particulière. Mais cette journée nous rappelle aussi que la démocratie doit continuellement être protégée et consolidée. La démocratie est plus qu’un simple calcul, c’est un état d’esprit à cultiver. Ceux qui se mettent au service des autres, comme les bénévoles et les aidants familiaux, défendent le bien commun et rendent les Pays-Bas plus forts. Cet esprit collectif, véritable tradition néerlandaise, est heureusement toujours bien présent, comme un remède à la polarisation. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas réduire la démocratie à la raison du plus grand nombre. La démocratie doit nous réunir, pas nous diviser.
L’une des questions essentielles à cet égard est de savoir si les citoyens ont encore confiance dans la capacité de la classe politique et des pouvoirs publics à apporter de vraies solutions à leurs problèmes. Le Parlement et le gouvernement ont pour mission commune de préserver et renforcer cette confiance. Cela implique de ne pas se laisser guider par la controverse permanente, mais de rester concentrés sur les besoins des Néerlandais et sur ce qui est nécessaire pour l’avenir. La démocratie parlementaire appartient à tous, pour tous, et doit donc être au service de chacun.
C’est dans ce contexte que le gouvernement souhaite, en présentant le budget pour 2027, jeter les bases d’une large coopération. Les groupes parlementaires ne faisant pas partie de la coalition pourront, espérons-le, également y trouver leur compte. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut balayer d’un revers de la main les divergences politiques. Le dialogue continue. Mais l’objectif doit être de s’attaquer ensemble, dans la mesure du possible, aux problèmes restés en suspens depuis parfois bien trop longtemps. On peut penser aux questions évidentes de la pollution à l’azote, du logement ou de la migration. Ou encore à l’avenir de notre régime de protection sociale et aux importants investissements qui s’imposent en matière de sécurité et d’économie. Après la sécheresse extrême de cet été, comment ne pas penser également à la nécessité de s’adapter au changement climatique, notamment dans les domaines de l’approvisionnement énergétique, de l’industrie et de la gestion de l’eau. L’avenir n’attend pas les retardataires.
Les Pays-Bas sont depuis des années aux prises avec la problématique de l’azote. Il est grand temps de sortir de l’impasse. Pour relancer de toute urgence la délivrance des permis et les projets de construction de logements, d’entreprises et de routes. Pour restaurer la nature, améliorer la qualité de l’eau et garantir la fiabilité de l’approvisionnement en eau. Et en particulier pour donner à nos agriculteurs les perspectives d’avenir claires qu’ils méritent. Fin juin, le gouvernement a présenté un vaste paquet de solutions destinées à réduire considérablement les émissions d’azote. Les propositions afférentes vous seront soumises à l’automne. L’industrie, le secteur des transports et celui de l’élevage : chacun est mis à contribution. Mais bien entendu, ce sont les familles d’agriculteurs établies à proximité des zones naturelles fragiles qui souffrent le plus des conséquences directes et de l’incertitude. C’est pourquoi le gouvernement mobilisera d’importants moyens supplémentaires pour les soutenir. Pour améliorer et adapter les plans en la matière, le gouvernement restera à l’écoute et continuera à peser les intérêts des uns et des autres, en concertation avec les exploitants et les provinces. Mais il serait irresponsable de repousser une fois de plus toute décision, ou d’y renoncer. La renaturation rendra possible l’instauration d’un seuil plancher, c’est-à-dire une norme d’émission d’azote, qui permettra aux Pays-Bas, et en particulier au secteur agricole lui-même, de repartir de l’avant. Tel est l’objectif.
La question du logement, directement liée à celle de l’azote, demande elle aussi des avancées. La Note sur l’aménagement du territoire en trace les grandes lignes à long terme. Mais la crise est profonde. Trop nombreux sont ceux qui se demandent comment eux-mêmes ou leurs enfants pourront encore trouver un logement locatif ou en propriété décent et abordable. La meilleure réponse à leurs inquiétudes est de construire le plus possible, le plus rapidement possible. Construire pour les acheteurs et les locataires, toutes générations confondues, et pour les personnes aux besoins spécifiques. Le gouvernement ne peut promettre un logement pour tous du jour au lendemain. Mais il mettra tout en œuvre pour réduire le nombre de demandeurs de logement en adoptant une approche pragmatique, en témoigne la récente désignation de cinq nouvelles zones pour de grands programmes de construction de logements. Ce pragmatisme implique de construire dans des endroits où aucun investissement n’est requis en matière d’infrastructure, et où les besoins en marge d’émissions d’azote, en approvisionnement électrique et en eau potable peuvent être satisfaits. Il implique également de recourir aux règles existantes pour l’obtention des permis, et de miser davantage sur la construction industrielle utilisant des éléments préfabriqués. Il implique surtout une coopération intensive et une meilleure coordination. Non seulement avec les communes et les acteurs du marché, tels que les constructeurs et les promoteurs immobiliers, mais aussi au sein même des ministères. Il faut veiller à ce que les différents plans d’aménagement du territoire restent compatibles. Vous recevrez à l’automne le plan d’action visant à accélérer la construction de logements, dans lequel cette approche est détaillée en cinquante mesures concrètes pouvant pour la plupart être rapidement mises en œuvre.
En ce qui concerne la politique d’asile, les objectifs sont clairs : baisse du nombre d’arrivées, accueil maîtrisé et mesures d’expulsion strictes pour les demandeurs d’asile déboutés, fauteurs de troubles ou sans perspectives d’admission. Cela doit être gérable pour la société. Les Pays-Bas doivent toujours rester ouverts à l’accueil des personnes fuyant la guerre, les violences et les persécutions. Grâce à des cours de langue et à un accompagnement vers l’emploi, ces personnes peuvent rapidement devenir autonomes et contribuer à la vie sociale.
Avant l’été, le gouvernement a introduit quelques changements majeurs permettant, plus que jamais, de limiter le nombre de personnes qui viennent dans notre pays et y restent. En conséquence, tout le monde souhaiterait immédiatement en constater les effets sous la forme d’une baisse des chiffres. Cette diminution sera cependant progressive. Entretemps, la polarisation de l’opinion publique face à l’accueil des demandeurs d’asile prend malheureusement des formes de plus en plus extrêmes, comme nous l’avons récemment constaté à Loosdrecht et Engelen. Cela est préoccupant. Ce phénomène rend inaudible la voix plus modérée de ceux qui expriment des inquiétudes sincères quant à leur cadre de vie ou au sort d’autrui. Il doit être parfaitement clair que les menaces et la violence ne sont en aucun cas tolérables. Par ailleurs, il est important de continuer à œuvrer à une meilleure maîtrise des flux migratoires afin d’apaiser autant que possible les tensions autour de ce sujet. Des contrôles plus stricts aux frontières extérieures de l’Europe et la poursuite des initiatives en cours visant à renforcer la coopération avec des pays sûrs hors de l’UE peuvent permettre de réduire sensiblement les arrivées. Les demandeurs d’asile en attente d’une décision doivent pouvoir bénéficier d’un accueil décent. Malgré tous les débats compréhensibles pouvant survenir au niveau local, le gouvernement appelle urgemment les communes à faire preuve de solidarité avec Ter Apel et toutes les autres localités qui portent une charge démesurée depuis bien trop longtemps. La maîtrise des flux migratoires exige un effort collectif.
Sur ces sujets et d’autres encore, le gouvernement souhaite sortir de l’impasse et prendre des décisions concrètes pour que les Pays-Bas puissent à nouveau aller de l’avant. Mais ce qui ressort de ce budget pour 2027, c’est qu’on ne peut pas tout faire en même temps. On ne peut pas tout résoudre du jour au lendemain. Au niveau financier également, les limites sont claires. Nous ne devons pas léguer à nos enfants et petits-enfants une dette publique déraisonnable. Permettre à chacun de bien vivre aujourd’hui ne doit pas compromettre le bien-vivre de demain. C’est pourquoi le gouvernement choisit une politique budgétaire qui ne reporte pas les dépenses actuelles sur les générations futures.
Cela pose d’emblée la question de savoir ce qu’il faut faire aujourd’hui pour maintenir le niveau des prestations sur le long terme. Car tous les systèmes doivent régulièrement être entretenus. Dans le domaine des soins, cela se traduira par exemple par une importance accrue de la prévention. En se concentrant sur la santé, on jette les bases d’un système dans lequel une demande de soins ne nécessite pas toujours immédiatement une réponse médicale. Par ailleurs, il est important de maîtriser les coûts et de lutter contre la fraude si l’on veut préserver l’accessibilité et la qualité des soins tels qu’ils sont aujourd’hui. Une attention particulière doit être accordée aux enfants et aux jeunes, au-delà de l’ambition de créer la génération la plus saine que notre pays ait jamais connu. Une tâche considérable doit être accomplie avec les communes pour veiller à ce que des services d’aide à la jeunesse de bonne qualité restent disponibles pour ceux qui en ont besoin.
Le régime des assurances sociales des salariés doit lui aussi être consolidé pour permettre à chacun de continuer à participer à la vie sociale. Les personnes confrontées à la maladie ou au chômage ne doivent pas rester dépendantes des prestations sociales. C’est important non seulement pour les personnes concernées et pour la viabilité du système, mais aussi pour notre prospérité future. Notre pays a besoin de tout le monde. Le gouvernement espère conclure rapidement avec les syndicats et les organisations patronales un accord social largement soutenu, offrant aux salariés et à l’économie des garanties pour demain.
De telles réformes font en sorte que les Pays-Bas restent un pays prospère où il est possible de se projeter dans l’avenir en toute confiance. La sécurité est une condition essentielle à cet égard, en particulier dans le contexte mondial actuel de plus en plus instable et imprévisible. Face à la violence qui fait rage en Ukraine, à la situation à Gaza, en Iran et dans d’autres foyers de conflit, un sentiment d’impuissance peut rapidement nous gagner. Il est légitime de se demander dans quel monde vont grandir nos enfants et petits-enfants ; un sentiment que partagent beaucoup de parents et grands-parents. Cela renforce la motivation du gouvernement de continuer à œuvrer, en tant que membre de la communauté internationale, pour la défense des valeurs démocratiques, pour la paix durable et pour un ordre juridique international solide. Si les grandes puissances choisissent de privilégier leurs propres intérêts, les Pays-Bas doivent consolider leur coopération avec les partenaires existants, et créer de nouveaux partenariats. En renforçant notre indépendance, notamment dans les domaines de l’approvisionnement énergétique et des matières premières, nous nous forgeons une position solide.
La sécurité de notre avenir exige des investissements conséquents. Les Pays-Bas doivent faire preuve de résilience et être prêts à défendre la liberté, la démocratie et l’État de droit. Il faut commencer par rattraper le retard dans le domaine militaire. Du point de vue financier, les Pays-Bas et l’Europe ont trop longtemps négligé leurs forces armées. Mais le vent a tourné. Le budget de 2027 prévoit à nouveau des moyens bien plus importants pour la défense. Les Pays-Bas intensifieront la coopération avec leurs alliés internationaux afin d’augmenter leur armement et leur capacité militaire. Face à la présence agressive de la Russie aux frontières orientales de l’Europe, le soutien continu à l’Ukraine est un investissement direct dans notre propre sécurité. L’ancrage au sein de solides organisations internationales telles que l’Union européenne et l’OTAN est à cet égard essentiel. Car sur le plan international aussi, l’union fait la force, et les Pays-Bas apportent leur pierre à cet édifice. Les militaires, femmes et hommes, qui se tiennent prêts à défendre ce qui nous est cher, et les anciens combattants, méritent tout particulièrement notre gratitude.
Cela vaut également, bien sûr, pour les forces de police ainsi que tous ceux qui, chaque jour, se mobilisent pour notre sécurité nationale. Cette sécurité est de plus en plus étroitement liée à ce qui se passe dans le monde, un point sur lequel les Pays-Bas ne doivent pas se montrer naïfs. Les cybermenaces et les piratages numériques qui émanent de la Russie et d’autres pays, ainsi que d’organisations criminelles opérant à l’international, sont déjà une réalité quotidienne. Cela exige une réponse ferme. Le gouvernement formulera donc des propositions visant à permettre aux services de renseignement de mieux protéger citoyens et entreprises contre les cyberattaques, la désinformation et le terrorisme. La lutte contre le crime organisé et ses effets subversifs sur notre société est une priorité absolue. Les images et les témoignages poignants qui nous sont parvenus après les événements d’Overasselt sont encore présents dans toutes les mémoires. En tout premier lieu, il faut faire en sorte que les jeunes ne basculent pas dans la délinquance. Ce n’est pas uniquement la tâche de la justice mais aussi, par exemple, des services d’aide à la jeunesse et d’aide aux personnes surendettées.
Outre la sécurité, notre avenir dépend d’une deuxième condition essentielle : une économie forte et moderne. Au sortir des années de pandémie et de la crise énergétique de 2022, l’économie néerlandaise s’est révélée plus résiliente que celle de nos voisins. Il est également encourageant de voir que les perspectives pour l’année à venir sont plutôt favorables, malgré les nombreuses incertitudes à l’échelle internationale. Grâce à des mesures ciblées, le gouvernement soutiendra le pouvoir d’achat des ménages et des familles, notamment par l’intermédiaire du Fonds de secours Énergie et des prestations familiales.
Vient ensuite la question de savoir comment les Néerlandais gagneront leur vie dans dix ou vingt ans. Les interrogations sur notre prospérité future sont très actuelles. Sans investissements importants et ciblés, les Pays-Bas risquent de rester à la traîne, en particulier dans le secteur technologique. Toutes les évolutions fulgurantes en matière d’intelligence artificielle et de numérique doivent bien entendu être soigneusement encadrées, mais les chances qu’elles offrent sont immenses. En partenariat avec les entreprises, les centres d’expertise et d’autres acteurs, le gouvernement œuvrera à une économie qui permette un cercle vertueux d’innovations et une synergie entre start-up et entreprises établies. Cela nécessite pour le moins d’élargir les possibilités de financement et d’expérimentation. C’est pourquoi est prévue la création d’une institution nationale d’investissement et d’une organisation spécialement dédiée à la promotion des avancées technologiques majeures. En effet, la brillante idée qui germe aujourd’hui dans l’esprit d’un entrepreneur solitaire pourrait devenir, demain, un fer de lance tel qu’ASML, et jeter les fondements d’un nouveau secteur d’excellence. À l’échelle européenne aussi, les Pays-Bas prônent la réaffectation des fonds de l’ancienne économie en faveur de l’innovation et de l’inventivité technologique. La croissance économique dépend dans une large mesure de la qualité de l’infrastructure. Il faut intensifier l’entretien des routes, des ponts et des voies ferrées devenus vétustes. Une enveloppe supplémentaire y sera consacrée. Le budget restant toutefois limité, il faudra inévitablement réviser les priorités en matière de projets et faire des choix drastiques pour s’assurer d’une base stable.
L’économie de demain ne peut qu’être propre et durable. L’été 2026 souligne l’urgence d’une politique nationale et internationale ambitieuse en matière de climat. Les bénéfices en seront multiples. Dans un monde instable, l’indépendance énergétique revêt une importance croissante. Les besoins des ménages et des entreprises en énergie fiable et abordable augmentent. Concrètement, cela signifie par exemple qu’il est profitable de continuer à encourager l’isolation des logements. Mais cela signifie également qu’il ne peut y avoir de prospérité future sans une industrie plus propre et une réduction de la consommation des combustibles fossiles. S’obstiner dans une économie fondée sur les énergies fossiles n’est pas économiquement viable, surtout à long terme. Par conséquent, le gouvernement continuera à œuvrer en priorité au développement de l’énergie nucléaire et de l’éolien offshore, ainsi que des infrastructures pour le transport de l’hydrogène et le stockage du CO2. Dans le cadre de cette transition, il est crucial de gérer plus intelligemment les fluctuations de l’offre et de veiller à une capacité suffisante du réseau électrique, dont l’extension est une priorité majeure.
Une économie forte repose sur un marché du travail en cohérence avec les besoins. Le gouvernement prépare entre autres une nouvelle loi sur le travail indépendant qui laisse les coudées franches aux auto-entrepreneurs tout en luttant contre les abus liés au statut d’indépendant. Cette loi doit apporter clarté et sérénité afin d’éviter que les auto-entrepreneurs ne subissent un manque à gagner résultant de la crainte, pour les donneurs d’ordre, de se voir infliger des amendes a posteriori. Le marché du travail de demain exige par ailleurs d’attirer, de former et de retenir les talents dans les secteurs cruciaux comme l’IA, le numérique, l’énergie et les biotechnologies. Ces talents sont partout : dans l’enseignement professionnel comme dans les universités. À cet effet, le gouvernement a présenté cet été une stratégie pour le développement des talents dont les détails seront précisés au cours de la période à venir, en concertation avec les établissements d’enseignement, les entreprises, les étudiants et d’autres acteurs. Bien entendu, un marché du travail moderne doit pouvoir accueillir des étudiants de talent et des travailleurs hautement qualifiés venus de l’étranger. En revanche, l’exploitation des travailleurs migrants sera réprimée.
Enfin, il est important que l’État améliore sa propre manière de travailler. Pour résumer : moins d’excès dans la réglementation et le contrôle, plus de marge de manœuvre pour les citoyens et les entreprises, et des pouvoirs publics qui facilitent au lieu d’entraver. Le gouvernement a conscience que cette ambition n’est pas neuve. Mais cette fois-ci, l’approche choisie doit se traduire par des résultats tangibles. Le premier jalon consistera à faire preuve de modération dans l’élaboration de nouvelles réglementations. Autrement dit, cesser d’accumuler exception sur exception pour éviter d’agir en pure perte. Le second jalon sera l’allègement de la réglementation. Chaque année, dès cet automne, le gouvernement soumettra une loi de simplification visant à abroger les règles et lois superflues. Le but est de supprimer ou de simplifier au moins cinq cents dispositions réglementaires par an. Parallèlement, le gouvernement s’emploiera à décloisonner l’élaboration des politiques et leur mise en œuvre. Le partage d’informations entre les services de l’État doit devenir beaucoup plus simple, afin d’apporter une aide plus rapide et plus efficace aux citoyens et aux entreprises, qui ne seront plus renvoyés de service en service sans obtenir de réponse. Le mot d’ordre du service public doit être « numérique et rapide si possible, avec un accueil en personne si nécessaire ». Ainsi, les pouvoirs publics pourront gagner en efficacité tout en réduisant leur taille et leur coût.
Il va de soi que l’État ne se limite pas aux services centraux. Une coopération collégiale entre ses différents niveaux – provinces, communes et organismes de gestion des eaux – est cruciale. Le gouvernement en est pleinement conscient. Tous les pouvoirs publics élaborent ensemble un programme de coopération qui pourra aussi favoriser leur efficacité et leur visibilité.
Dernier point mais non des moindres, le gouvernement joindra ses efforts à ceux de Curaçao, de Sint Maarten, d’Aruba et des Pays-Bas caraïbes. En novembre, nous célébrerons le moment où, il y a 250 ans, un coup de canon tiré depuis Saint-Eustache a fait des Pays-Bas la première nation au monde à reconnaître officiellement les États-Unis. Cela souligne les liens historiques qui nous unissent au sein du Royaume et au reste du monde. Les quatre pays qui composent notre Royaume se réuniront à l’automne lors d’un sommet pour discuter des avancées et des opportunités sur tous les terrains de la coopération : de l’économie à la sécurité socioéconomique, en passant par le climat et le traitement des déchets. Ce sommet sera désormais une tradition annuelle. Il matérialisera notre principe directeur : nos ta un reino – nous formons un seul Royaume.
Mesdames et messieurs les membres des États généraux,
La démocratie est parfois définie comme la nécessité de s’incliner, à certains moments, devant l’opinion de l’autre. C’est une pensée qu’il faut garder à l’esprit, au-delà de ce jour qui marque l’ouverture de l’année parlementaire et la Journée internationale de la démocratie. Car la modération et l’indulgence qui se dégagent de ces mots apportent davantage de solutions aux problèmes de nos concitoyens que la controverse permanente qui semble parfois dominer le débat. Les Pays-Bas sont riches d’une tradition séculaire de coopération, née dans la reconnaissance de l’intérêt commun que représente une bonne gestion des eaux. C’est dans cette tradition que le gouvernement entend continuer d’œuvrer avec vous à des Pays-Bas meilleurs. Puissiez-vous remplir votre mission en sachant que beaucoup vous souhaitent la sagesse nécessaire et se joignent à moi pour prier que vous soient données la force et la bénédiction de Dieu.